Festival Printemps d'Azemmour
C'est donc avec détermination et modestie que nous inaugurons cette première édition du Printemps d'Azemmour. Dans le nom du Festival, loge le fleuve qui donne sa force et son caractère à la cité. Nous espérons que cette eau lavera les affronts subis ces dernières années par Azemmour et que ses courants seront complices pour porter cette ville vers le meilleur», a souligné Mohammed Nabil Benabdellah, président de l'Association des Amis d'Azemmour dans son mot du Festival Printemps d'Azemmour, lors d'une conférence de presse, tenue mardi 08 mai 2007, à l'Hôtel Royal Mansour à Casablanca.
C'est fort, c'est dépouillé. Azemmour est une ville millénaire, superbement nichée sur une falaise qui domine l'Oued Oum Errabi à trois kilomètres de l'estuaire. La ville incarne ainsi le métissage culturel de nombreuses civilisations à travers son histoire telles que les civilisations amazighe, judaïque, musulmane, portugaise et andalouse.
Les organisateurs assignent plusieurs objectifs à cette manifestation dont le plus évident est celui de faire de ce Festival un vecteur de développement calqué sur le modèle de l'impulsion offerte par le festival Gnaoua, musiques du monde à Essaouira. La beauté du site, l'histoire de la ville, la proximité de Casablanca sont des atouts de choix que tente de valoriser Azemmour pour l'organisation de son premier festival qui en constitue une nécessité.
Le concept du Printemps d'Azemmour a partie liée avec la richesse historique de la ville. Il se veut un esprit de dialogue et de fraternité entre les cultures. Azemmour se fera donc l'une des voix les plus éloquentes lors de cette première édition du Festival en bâtissant un pont qui relie les rives d'Oum Errabi aux rives de la Méditerranée et celles de l'Amérique latine. L'art et la culture y seront au premier plan notamment à travers des actions de valorisation du patrimoine culturel et une dynamisation de création artistique.
Un programme à la fois riche et diversifié. Du 24 au 26 mai 2007, la ville revêtira de nouvelles couleurs. Des manifestations scolaires, animations culturelles, peintures murales, ateliers portes ouvertes, conférences et débats axés sur plusieurs thèmes dont on retient l'art contemporain, le patrimoines culturel de la ville. A cet égard, une exposition photo dont la thématique «Regards sur Azemmour » rendra hommage à l'histoire de la ville et à ses habitants, dans le plus vieux hammam de la Casbah.
Pour le volet musical, l'agenda ne manquera pas de belles surprises. Une complémentarité artistique et générationnelle sera au rendez-vous. On peut admirer les prestations des groupes comme H-Kayne, les vétérans rappeurs issus de la ville de Meknès, Darga, l'un des groupes-phare de la fusion, les leaders de la «haiha musique» Hoba Hoba Spirit ou encore Mazagan, les ambassadeurs de la musique urbaine de la ville d'El Jadida ainsi que les Gnawa click qui participeront à la 9ème édition du Boulevard des jeunes musiciensLa liste des artistes ne s'arrête pas là. Il y aura aussi Ojos De Brujo dont les sonorités traduisent tout un mélange de flamenco, hip-hop, raggae, électronique, funk et musique gypsy. La diva aux pieds nus, ambassadrice de la musique cap-verdienne, Cesaria Evora évoquera sa musique à travers sa souffrance, mélancolie et exil. La musique populaire marocaine sera représentée par deux groupes qui ont souvent essayé de perpétuer les traditions mélodiques. Il s'agit du groupe Ouled Bouazaoui, spécialiste de la «Aita Marsaouya» et Abidate R'ma qui, à travers leurs chants, leurs sauts acrobatiques et leurs chorégraphies spectaculaires, ont souvent gratifié le public assez nombreux de cette musique. On peut dire que cette première édition du Festival d 'Azzemmour s'annonce prometteuse, généreuse. C'est ainsi que la ville tentera sans doute d'initier le public invité, de bonne grâce, à partager ses émotions et profiter de l'ambiance festive dont elle fera la réception galante.





